Il n'y a pas que sur le terrain des OGM que la Chambre d'Agriculture de Pau et la FNSEA doivent se battre au quotidien pour que l'obscurantisme ne nous prive pas des techniques indispensables à augmenter toujours plus nos taux de productivité et la compétitivité internationale de la filière agro-alimentaire française.
De tous les côtés, les soi-disant défenseurs des consommateurs et les écologistes intégristes veulent remettre en question ce qui fait la base même du modèle de production tel que nous le défendons, tel qu'il est au centre de notre philosophie, dans le coeur et l'esprit des animateurs de La Ferme en Vrille. Pour ne mentionner ici que deux cas de leurs combat d'arrière-garde, citons le cas des produits phytosanitaires -que ces marchands de peur se complaisent à appeler brutalement « pesticides » - et de l'irrigation.
Voilà deux exemples de ce que peuvent être les attaques féroces et obsessionnelles de ceux qui n'ont qu'une ambition, empêcher ceux qui veulent réussir, leur interdire les moyens de leurs ambitions :
L'ex-Ministre de l'Environnement sous le gouvernement d'Alain Juppé, Corinne Lepage porte ainsi le coup bas suivant aux produits phytosanitaires sans lesquels pourtant il n'y a point d'agriculture performante, et d'équilibre financier de la filière agro-alimentaire :
"L’ouvrage (Pesticides, révélations sur un scandale français) que Fabrice Nicolino et François Veillerette viennent de consacrer aux pesticides est un ouvrage de référence. (...) il décrit avec une très grande précision le fonctionnement des lobbies qui sont à l’origine des décisions et répond par des faits à cette question qui pour moi reste cruciale : comment expliquer que les erreurs de jugement se répètent indéfiniment ? Comment expliquer qu’après l’amiante, le prion, l’hormone de croissance, le distilbène, et tant d’autres, le choix se fait toujours au détriment de la santé publique et de l’intérêt général et en faveur d’intérêts économiques de très court terme, car il va de soi que si ces mêmes intérêts devaient à coup sûr assumer la responsabilité de leurs choix, leur comportement serait différent. Je partage pour ma part l’analyse des auteurs sur le fait que les pesticides sont l’amiante de demain. Comme nous le savons, notre devoir est d’abord de militer pour une réduction massive de leur usage et ensuite d’établir noir sur blanc la responsabilité de tous ceux qui auront décidé en toute connaissance de cause de ce drame annoncé. "
Nous avons immédiatement contre-attaqué comme peut l'attester la lecture du Sillon, l'hebdomadaire de la FNSEA, du 11 avril 2008 :
« Avec le produit de règlement (révisant la directive concernant la mise sur le marché de produits phytosanitaires) tel qu'il est proposé aujourd'hui, l'Europe est en train de handicaper son potentiel agricole » Franck Garnier, directeur de Bayer CropScience France
« L'introduction de critères fondés sur le danger est arbitraire. » « Pire, les propositions du Parlement Européen, qui sont les plus radicales, élimineraient entre 52 % et 94 % des substances actuellement sur le marché » Jean-Charles Bocquet, directeur de l'UIPP
« L'évolution actuelle de la réglementation ne nous permettra pas de répondre aux enjeux essentiels que sont la compétitivité, la fourniture de produits de qualité en quantité suffisante, et le respect de l'environnement. » Vincent Gros, directeur de BASF Agro.
L'offensive contre le droit à irriguer les cultures de maïs est constante et a même déjà entravée notre marche vers le progrès puisque les opposants ont déjà réussi à faire annuler le projet de lac d'irrigation d'Elordoy, prés de Saint-Palais, dont le promoteur était Jean-Jacques Lasserre, à l'époque Président du groupe agro-alimentaire Lur Berri.
Dominique Voynet alors ministre de l'environnement avait annulé un arrêté préfectoral autorisant les travaux sur site, suite à d'intenses mobilisations des tenants de l'immobilisme. Ceux-ci dénonçaient le soi-disant « financement à 100 % par l’argent public de travaux d’irrigation qui ne serviraient qu’à une infime minorité, les maïsiculteurs. Ils prétendaient également désigner l’irrigation agricole comme l’une des responsables du dérèglement climatique. Voilà des extraits de leur prose :
« Le maïs irrigué, ennemi de l’eau. Mauvaise pioche pour la ressource en eau, le maïs irrigué cumule les inconvénients. Sa consommation, l’été, quand l’eau manque, bien sûr, mais aussi sa tolérance à la surfertilisation. On peut forcer sur les doses d’engrais dans le but d’obtenir un meilleur rendement. Sa saison, également. Planté au printemps et récolté à l’automne, il laisse les sols nus tout l’hiver. Faute de couverture végétale pour les retenir, les nitrates sont lessivés par les pluies puis rejoignent les rivières et les nappes phréatiques. Enfin, le maïs irrigué reçoit plus de traitements par les pesticides, qu’il s’agisse de désherbant ou d’insecticide, que la culture sèche.
(...) En cause, l’irrigation du maïs. Presque partout, la pénurie d’eau et les arrêtés de restriction préfectoraux qui en découlent sont dus à l’accaparement de la ressource par cette culture. Comme elle ne cesse d’augmenter, les arrêtés se multiplient.
Dans le Sud-Ouest, en Aquitaine et en Midi-Pyrénées, l’agence de l’eau Adour-Garonne a fait les comptes. En douze ans, la consommation a doublé en période critique d’étiage du fait de l’irrigation. »
Mais nous n'avons pas baissé les bras et avons poursuivi sans relâche notre combat pour l'augmentation des capacités d'irrigation et de stockage de l'eau. Le Sillon est là encore pour témoigner de notre engagement permanent dans ce sens : « Nous serons vigilants pour que les dispositions votées par le Sénat en faveur du stockage ne disparaissent pas lors de la lecture à l'Assemblée nationale. » ; « Justement, c'est ce que nous voulons faire comprendre au législateur : stocker de l'eau est stratégique ! » (Daniel Martin dans Le Sillon du 5 mai 2006).
Il faut dire que l'enjeu est de taille : on sait en effet qu'il faut utiliser 300 litres d'eau en moyenne pour irriguer un mètre carré qui donnera environ un kilo de maïs et qu'il faut 2,5 kilo de maïs pour produire un litre d'éthanol (d'où la fameuse équation « un plein d'éthanol maïs égale la consommation de 4500 litres d'eau » ou encore « 2.5 x 300 x 6 litres / 100km = 4500 litres d’eau »).
Or, l'usine de bioéthanol à base maïs de Lacq est conçue pour réaliser 200 000 t d'éthanol à partir de l'équivalent de 500 000 t de maïs, apportées par cinq collecteurs (Euralis, Lur Berri, Maïsadour, Vivadour, Ets Lacadée).
Notre objectif est donc celui de pouvoir continuer à consommer dans l'irrigation 300 litres d'eau fois 500 millions de kilos de maïs, soit pas moins de 15 milliards de litres d'eau, alors même que les nappes phréatiques s'épuisent et les sécheresses se multiplient ! On comprend dés lors le caractère stratégique que revêt pour nous ce combat ! L'adhésion de la population à la Ferme en Vrille nous donnera d'autant plus d'arguments pour convaincre les pouvoirs publics de nous aider à poursuivre dans cette voie.